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Juil 12 2016

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La fête attendra

C. RTL

Après un Euro réussi, l’équipe de France a finalement échoué en finale dimanche dernier face au Portugal. Une défaite difficile à digérer notamment pour notre génération qui, dix ans après la coupe du monde 2006, voit une nouvelle fois les Bleus échouer si près du but.

 

On y croyait. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les klaxons résonnaient partout dans le pays. L’équipe de France venait de sortir la grande Allemagne suite à deux coups de pattes du nouveau chouchou des français : Antoine Griezmann. Il était 23h, les Bleus étaient en finale. La France rayonnait de joie.

Il aura donc fallu attendre dix ans. Dix ans avant de retrouver les sommets que promet une finale d’une grande compétition internationale. Mais cette fois-ci, hors de questions de nous arrêter là, cette fois, nous ne voulions qu’une chose : la victoire. Notre génération, née dans les années 90-2000, reste meurtrie par la dernière finale disputée par la France. Tout le monde s’en souvient. Un soir de juillet 2006 à Berlin, les Bleus s’étaient inclinés en finale de coupe du monde face à l’Italie de Materazzi au terme d’une séance de tirs aux but. Un cauchemar pour nos yeux d’enfants déjà noyés de larmes suite à l’expulsion de notre héros de toujours, Zinédine Zidane et son fameux coup de boule.

Non, cette fois-ci, c’était donc la bonne. Après avoir sorti les Allemands en demi-finale, nous allions devenir champions d’Europe. C’était évident. Toutes les conditions étaient réunies. L’Euro était organisé chez nous, les joueurs mouillaient le maillot (qu’il est loin le bus de Knysna…) et faisaient l’unanimité dans le coeur des supporters. Didier Deschamps, heureux et précieux vainqueur de la coupe du monde 98 et de l’Euro 2000, était le parfait sélectionneur pour mener cette équipe à la victoire. Notre adversaire finaliste, le Portugal, semblait, après son début de compétition, largement à notre portée. Et en bonus, comme un cadeau tombé du ciel, Cristiano Ronaldo, meilleur joueur portugais, s’était retrouvé contraint de sortir sur blessure dès la 20è minute de jeu. Bref, c’était écrit : nous allions gagner. 

 

Dix ans plus tard, la même tristesse

Alors on a attendu, puis attendu, et encore attendu. Et rien ne vint. Oh, on a tout de même eu quelques brins d’espoirs, notamment avec le coup de tête de Griezmann à la 65è minute. Ou encore le poteau de Gignac aux allures de mirages quand chacun d’entre nous étions déjà debout pour célébrer le but de la victoire. Pourtant, toujours pas de but. Et pas besoin d’être expert en foot pour comprendre que cela ne signifiait rien de bon. Puis comme un coup de poignard dans le dos, le pire arriva. A dix minutes de la fin de la prolongation, l’attaquant portugais Eder surgit aux 25 mètres de la cage d’Hugo Lloris. Et d’une frappe tranchante, il fusilla le gardien des Bleus. 1-0. Le Portugal est champion d’Europe. Rideau.

Pour notre génération, cette finale était perçue comme le moment idéal pour enfin vivre la fête dont on nous avait privé il y a maintenant dix ans de cela. Puis finalement, l’histoire s’est répétée. Sans Zidane, sans Materrazi, sans tirs aux buts manqués certes, mais avec un même constat : nous avons échoué à la pire des places. Une immense tristesse aux mauvais goûts de déjà vu. 

Au bout de deux finales manquées, c’est avec amertume que nous commençons à entendre nos aînés se rappeler de ces soirs de juillet 98. Pas encore de ce monde ou bien trop jeunes pour s’en souvenir, nous avons nous aussi envie de goûter à ces soirées hystériques à cavaler sur les Champs Elysées. Et nous en avons surtout tant besoin. Dans un pays qui se précarise de jours en jours – et dont nous ne sommes pas les dernières victimes – et qui se lève chaque matin sous la menace terroriste, remporter cet Euro aurait ravivé la flamme de notre optimisme qui commence doucement à s’éteindre aujourd’hui.

Les compétitions ne manquant pas, espérons simplement que la fête ne soit reportée qu’à plus tard, et que cette fois-ci, nous ne nous y tromperons pas. 

 

 

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